Sortie de mon premier recueil

Amies, amis,

Mon premier livre « Rendre Grâce » aux éditions Taillis Pré — a vu le jour.
Si sa lecture vous appelle, 3 propositions parmi les plus soutenantes :

1. Vous êtes en mesure de vous déplacer en Belgique et souhaitez un exemplaire dédicacé — contactez-moi pour venir le cueillir autour d’un thé.

2. Vous souhaitez organiser un concert/lecture intimiste chez vous autour du livre: — www.oliviernoria.com/services

3. Envois Postaux : pour la France, le Royaume-Uni et la majorité des pays d’Europe, les frais de port sont de 11€ en envoi standard, et 17€ en recommandé.

Si ces propositions ne vous rencontrent pas, il est toujours possible de le commander chez votre libraire préféré en Belgique ou en France.

Le livre est à 14€.  Si vous souhaitez l’offrir comme cadeau, je vous propose d’arrondir la somme à 20€ par le complément d’une carte de vœux accompagnée d’un dessin original.

Dans la joie de la rencontre.


La liste des remerciements est innombrable.

Toutes celles et ceux qui m’auront reconnu, accueilli en frère, qui auront ouvert leurs portes pour ces lectures musicales partagées.

Celles et ceux qui, fort de leur présence, leur bonté, leur don d’écoute participent au bien commun. Sans annonce, sans bruit, sans fard. Veillant au silence, en dehors des nuées virtuelles.
Cette poésie est aussi la vôtre.

Par delà les voiles, vous, qui nous inspirez : endeuillés, nous ne le sommes qu’en apparence. 
Merci. 

Et enfin à mon éditeur Yves Namur et son équipe, pour cet élan aujourd’hui palpable : 80 pages entre-tissées, nouées par un fil invisible et prêtes au cadeau de vos paumes ouvertes.





*

Scènes de vie se bousculant
Silhouettes passantes

Tracé d’une écriture franche
Lacérant notre horizon
Note de fond sur traversantes


Un chêne veille à travers champs



*

Quoi — Sinon l’effondrement de ce que je prétends mien
Qui — Sinon par l’amour seul qui y procède  




lecture

neige

   

Un jour, vous vous êtes éveillé au seuil d’un autre bercement.

La rivière vous a donné de ne rien perturber en sa musique.
Cette libre circulation, cette fluidité a vibré de la corde irréversible du silence.
Le chant vous est venu spontanément.

Autour. Tout autour de vous. Sans ne rien voir. Sans ne rien entendre. Vous avez observé, ressenti tel mode, considéré tel monde. Témoin discret, ami complice : une latitude de plein espace vous intimait.

Et dans ce théâtre à ciel ouvert planait une enfant vierge de tout motif, la joie se déversait sur vous comme de la neige. Imperturbable, immaculée.

Vous auriez sans doute pu mourir sur le champ, mourir n’aurait pas fait plus de bruit.
Ici ou ailleurs cette terre ne vous était que momentanément confiée.

Et vous ressentiez pleinement l’ivresse de cet impondérable, la caresse de ce survol.


Ce que ¨vivre¨ venait battre au vertige de votre vie.



elle


Sous le bitume de sa couche, elle sait le terreau nourricier. Pour toute attention vitale elle laisse un bol à aumônes au croisement des mondes. Elle y mange, elle y dort, elle y vit.

Elle ne cherche pas à fidéliser, à bâtir. Désarmée, elle aime.
Sous les plis d’un manteau de chair meurtri, un corps de rien éclairci par une transparence sans âge, repu du monde et de son infatigable course perdue.

Le trouble d’une beauté livrée à vif, d’un ange châtié d’un monde tourné sur lui-même, d’une humanité hébétée par son propre accomplissement.




« Dans une société morbide, l’environnement est recomposé de telle sorte que la plupart des gens perdent en de fréquentes circonstances leur pouvoir et leur volonté à se suffire à eux-mêmes, et finalement en viennent à croire que l’action autonome est impraticable. La médecine moderne a commencé par contrôler la taille de son marché et maintenant son marché n’a plus de limites. Des gens qui ne sont pas malades en arrivent à se livrer à l’institution médicale pour le bien de leur santé à venir. Résultat : une société morbide qui exige une médicalisation universelle et une institution médicale qui certifie une morbidité universelle. »

ivan illich


Hier vaguement minimisé aujourd’hui plus que jamais exposé : le matérialisme extrême donne le ton.
Les corps virtuels se frôlent, le sceau des jardins secrets s’étiole, les contacts se multiplient à l’identique. 
L’intégrité du tissu solidaire est malade.
Sous l’emprise d’une logique de performance et de rentabilité mortifère, l’obsession virale du chiffre a ordonné le prendre soin.


Six ans de présence musicale en maison de repos et hôpital m’ont donné à entrevoir les dommages d’une politique anticipative de gestion statistique impulsée par des impératifs commerciaux.

Face à l’aliénation d’une charge de travail artificiellement instrumentalisée, certains soignants tournent-fou pendant que d’autres, fatigués d’acquiescer à contre-coeur, capitulent.
Ce n’est pourtant ni la résilience, ni la créativité qui manque mais ces âmes dédiées recollent des bouts éparpillés par un motif sans fond.

On ne peut « gagner pour la vie » — campagne révélatrice affichée dans un hôpital Bruxellois il y a 6 ans d’ici.
Pour cette proche qui, fort d’un pressentiment mutuel y saluait une dernière fois sa mère : double coup asséné. L’erreur de mourir, de donner le change à l’inutilité du sommeil et cette onde de choc qui s’étend à l’infini : gagner.

À tout prix gagner.

L’adhésion tacite d’un certain public, bien plus sidéré par la transmission virtuelle d’une menace à venir que d’une dissolution actuelle et sensible du lien, en dit long : c’est un pan d’inhumanité qui se découvre — est laissé à voir le rictus faussement sécuritaire que ce masque dissimule en vain.

On ne joue pas avec l’intégrité du vivant, on ne s’improvise pas apprenti sorcier pour assener au plus vite ses expérimentations aux plus fragilisés d’entre nous. On respecte et on accompagne les phases de chaque vie humaine. On a l’intelligence de ses saisons.

Et rien, mais absolument rien n’est à « gagner ».


Va, près de l’arbre, de l’être
Au creux du plus intime
Tends la main et écoute
Vois les innombrables ramifications
Une intelligence limpide te veille
Un seul et même coeur te touche
Vois…

La terre n’est pas plus un espace de ressource qu’un être sensible.

> Citation Source : Ivan Illich — Némésis Médicale, Chapitre II « Le masque sanitaire d’une société morbide », Seuil, 1975.

intervalles


De retour d’une promenade où mes pas sont encore intervalles brûlants, je signe au bas de la lettre ouverte que nous délivre la vie, trois points de suspension.

Désormais, je ne m’encombre plus d’un stylo sinon pour éclaircir ce qui tient dans la paume du silence.




*

Hiver
Sœur incomprise
Négligée

Cristal pulsant
Dentelles de schiste

Terre de givre
Et de glaise

Regard enfoui


Éclat de l’inconditionné







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